Pour une fois de plus, une fois de trop, ces metros, ces visages eteints, ces trains de banlieu, ces troitoires degeux, ruisselante d'une pluis grasse et visqueuse qui semble trainer dans son sillage toute la misère et la tristesse du monde.

Entre dans mon wagon, petit humain, viens humer le parfum d'amertume de mes aisselles fatiguées. Viens croiser le regard du damné. Viens, viens te presser contre tes semblables et chercher un peu de chaleur dans le lieux le plus désolé du monde. Jamais je n'ai été plus solitaire que debout , triste en larme au milieu d'une foule indifférente.

Voilà le monde, le monde est en marche, le train est en marche, plus de forêt, plus de rivière, des immeubles salles et humides sans cesse, un enfer de lumière jaunasse et blafarde, fenêtre minuscule sur autant de vie minuscule et aussi isolée que les fenêtres sont, elles, innombrable. Tous ensemble, on est du voyage, pour un jour, une heure ou ans. Combien lisent ? Combien feuillettent des magasines grotesques, combien jouent, noyé dans des cristaux liquides, combien pendu a l'oreillette de leur portable et combien n'ont pas mis l'oreillette et font chier leurs monde et leurs involontaires compagnons de voyages.

Et le voyage continue, gare de banlieux aux trotoires defoncé et bip strident... Vive ma voisine. Pour combien de temps encore, cet inutile voyage en compagnie d'inconnus plus ou moins hostile et si pitoyable en même temps.

Aller ma muse, encore un coup de main. Quelques lignes...

Mais déjà c'est la prochaine gare et les gens se lèvent. Et elle va partir, celle dont j'ai besoins. Un dernier sourire désolé , je continue seul le voyage , et dans le sourire de cette compagne d'un instant , tout l'infinie et la douleur que peuvent partager deux âmes.